Twitter icon
Pinterest icon
Facebook icon
LinkedIn icon
Google+ icon
YouTube icon
RSS icon

Une exploration de ma propre pauvreté – une réflexion sur la santé à caractère catholique

Article de Sandra Kary publié dans le Prairie Messenger le 28 novembre 2012.

Avez-vous jamais eu un moment dans votre vie durant lequel vous aviez à trouver les liens entre une sérié d’événements? Est-ce que l’exercice a été une occasion de découverte importante? Récemment, dans l’espace de quelques semaines, j’avais été touchée par une chanson et je devais transiger avec mes émotions, je devais prendre soins de ma fille qui était malade et j’étais et je devais composer avec une fabuleuse histoire qui m’est arrivée. Cette année-là, ces événements ont captivé mon automne et ce fut une occasion en or pour « explorer ma pauvreté ».

Je comprends que le titre de mon essai porte à la confusion. Vous avez peut-être hâte de lire mes idées sur l’élimination de la pauvreté, mais ce n’est pas de quoi s’agit cet article. Plutôt, vous y trouverez une invitation d’embrasser votre propre pauvreté. Continuez à lire et vous allez comprendre comme j’ai appris cet automne-là.

 

Brise mon cœur1

(Refrain seulement)

Pour les malades, pour les pauvres

Pour ceux qui ont besoin

De plus de tendresse et de justice,

Brise mon cœur dur

Pour les égarés, pour les estropiés,

Pour ceux qui souffrent

Aide-moi à Te voir avec mon cœur brisé

Dans les visages de ceux qui souffrent.

 

1 note du traducteur : ce ne sont pas les paroles de la chanson en question. ce sont plutôt une interprétation française des idées contenues dans la chanson originale.

 

Premier événement : Dimanche le 14 octobre, j’ai assisté à Prince Albert à une messe spéciale dédiée aux gens qui s’occupent de ceux et celles qui souffrent.  L’événement avait un de trois événements diocésains organisés par la Catholic Health Association of Saskatchewan pour célébrer le Christ Guérisseur. La chorale du secondaire St-Mary assurait la musique et un chant du répertoire ce jour-là fut justement Break My Heart / Brise mon cœur. En l’écoutant, je fus émue. Le refrain revenait encore et encore et je n’ai pu m’empêcher de penser, « Ça, c’est la thématique des soins de santé à caractère catholique.

Deuxième événement : ma fille aînée avait fini son secondaire au printemps, avait ensuite trouvé une coloc et déménagé dans un appartement et avait débuté ses études en génie à l’Université de la Saskatchewan. Au bout de huit semaines de stress et effort, elle est tombée malade – un rhume de cerveau; un méchant rhume de cerveau! Elle avait fait de son mieux pendant une dizaine de jours, mais en bout de ligne, elle était tannée d’être malade. C’est familier? La veille d’Halloween, deux jours avant le début de notre congrès provincial et préoccupée par les mille et une choses qui restaient à faire, je me suis trouvée dans ma cuisine en train de faire pour elle de la soupe au poulet maison. Pas parce qu’elle était alitée ou parce qu’elle ne savait pas se nourrir! Non, mais parce que je me souvenais comment ça sentait être loin de chez soi et d’être malade lorsqu’on était loin du confort de chez soi. 

Troisième événement : Carol Taylor de l’Université de Georgetown avait été l’invitée d’honneur au colloque sur la bioéthique (W. F. Mitchell Bioethics Seminar) à Saskatoon. Oratrice inspirée, elle nous fait célébrer l’éthique dans nos pratiques professionnelles. Une de ses anecdotes m’avait frappée. Ce fût l’histoire d’un chef de fil bien connu à une université prestigieuse aux États qui avait été diagnostiquée avec la sclérose latérale amyotrophique (SLA). Toute sa vie, elle avait été identifiée par sa réputation et son statut professionnel, mais depuis la diagnostique, elle se trouvait en perte d’autonomie avec une santé chancelante. Finalement, elle avait besoin d’aide à plein temps et sa notoriété professionnelle ne comptait plus. Un jour, une de ses aides lui avait demandé, « Et, vous êtes qui, Madame? » Sa réponse fut simple et à point – « Je suis qui VOUS déciderez qui je suis. » Elle avait fait son point – si l’aide déciderait qu’elle n’était qu’un autre corps à soigner, c’est ce qu’elle serait. Et avec cette attitude devant elle constamment, c’est qu’elle deviendrait. Ah, mon Dieu!

Alors, viola les trois événements qui m’avaient marquee. Qu’est-ce que j’ai appris? Le lien entre ces événements m’a beaucoup appris sur ma propre pauvreté. Seigneur, brisez mon cœur dur et aidez-moi à reconnaître ma propre fragilité, ma propre faiblesse. Mère, fille et sœur, je suis de nature une personne aidante et je peux assurer la dignité aux faibles et aux fragilisés et donc définir ceux ou celles à qui je viens en aide. Et un jour quand ce sera moi en perte d’identité et statut, j’espère que l’on me rende la pareille. 

Nous somme tous et toutes des personnes aidantes. Dans le domaine des soins de santé à caractère catholique, nous savons que les meilleurs soins sont offerts lorsque l’aidant reconnaît sa propre fragilité. Et dans la foi, nous essayons d’aider l’autre comme si on aidait le Christ.

Diocese of Saskatoon In Video